Plus de récoltes et de revenus, moins d’inondations et des pratiques agricoles adaptées au changement climatique dans le bassin de la Mundeni Aru [en]

L’Agence Française de Développement a confirmé son soutien au projet de développement du bassin de la Mundeni Aru en décembre 2018. Aux 6,5 millions d’euros (1,3 milliards de roupies) que le gouvernement de Sri Lanka investit dans le projet s’ajoute ainsi un prêt de 150 millions d’euros (30,3 milliards de roupies). Ces financements sont complétés par une subvention de l’Union européenne de 12 millions d’euros (2,4 milliards de roupies) approuvée en février dernier à des fins d’assistance technique.

JPEGUn réservoir dans le bassin de la Maha Oya.

Grâce à l’extension des aires irriguées, l’atténuation des risques d’inondation et l’approvisionnement en eau pour l’usage agricole et domestique, le projet de développement du bassin de la Mundeni Aru permettra d’améliorer les conditions de vie des habitants du bassin et d’augmenter les récoltes et le revenu des agriculteurs.

Le bassin versant de la Mundeni Aru couvre principalement les campagnes des districts de Batticaloa et d’Ampara dans la province de l’Est, ainsi que les districts de Monaragala et de Badulla dans la province d’Uva. Il s’agit d’un bassin rizicole essentiel à l’économie agricole du pays. Toutefois, les inondations menacent fréquemment les habitants en aval du bassin, et les activités agricoles sont également lourdement touchées par les sécheresses, comme ce fut le cas en 2016 et en 2017. Selon les climatologues, ces catastrophes seront exacerbées par les effets du changement climatique. Des conséquences durables sont à redouter sur la météo de Sri Lanka, telles que la hausse des températures et des précipitations régulières, avec de lourdes incidences sur la production agricole et la sécurité alimentaire du pays.

Pour répondre à ces enjeux, le projet de développement du bassin de la Mundeni Aru prévoit la construction, en amont du fleuve, d’un barrage à usages multiples (irrigation, eau potable et rétention d’eau permettant d’atténuer les risques d’inondations en amont du fleuve). Le réservoir aura une capacité de 80 millions de mètres cubes. Il permettra d’irriguer plus de 3000 hectares de terres et d’obtenir deux à trois récoltes par an. Ce projet prévoit également la fusion des réservoirs de Rugam et de Kitulwewa situés en aval du fleuve, qui ont aujourd’hui respectivement 23 et 2,5 millions de mètres cubes de capacité de rétention, et irriguent plus de 4 300 hectares de terres agricoles. Le réservoir fusionné Rugam-Kitul pourrait avoir une capacité de stockage supérieure à 80 millions de mètre cubes et permettre d’irriguer plus de 10 500 hectares de terres. Grâce également à la construction de nouveaux canaux d’irrigation et à la réhabilitation des réseaux anciens, ce sont au total plus de 9200 hectares supplémentaires qui seront irrigués à l’issue du projet.

Afin d’optimiser les bénéfices du projet pour les différents usagers et éviter les risques de conflits, particulièrement probables en période de pénurie, une gestion intégrée de la ressource en eau à l’échelle du bassin versant sera essentielle. L’amélioration de la gouvernance de l’eau dans la zone du projet entre les ministères concernés, les élus locaux et les usagers est donc au programme.

Enfin, la promotion de pratiques de culture et d’élevage visant à accroître durablement les rendements, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant la résilience au changement climatique, contribuera à augmenter de plus de 200 000 tonnes par an la production agricole de la région.

H. G. Gunadasa, 65 ans, est agriculteur de Maha Oya et a trois enfants. Il se réjouit d’avance des résultats du projet : « J’ai deux acres de terrain où je cultive la noix de coco, la mangue et l’orange. Je possède aussi deux acres de terres où je produis de la cacahuète, de la patate douce et du manioc, et une acre de rizière. Je gagne environ 700 000 roupies par an. Grâce au renforcement du réseau d’irrigation et au nouveau réservoir qui sera construit sur le fleuve Maha Oya, je verrai mon revenu multiplié par trois, et je pourrai démarrer la culture d’autres produits, comme le fruit du dragon. » M. Gunadasa, qui a été désigné meilleur agriculteur par le département de l’agriculture d’Ampara en 2008, espère également se lancer dans l’élevage de chèvres.

PNGMme et M. Gunadesa

La confirmation par l’AFD et l’UE de leur soutien au projet est le résultat de trois importantes années d’études de faisabilité et d’impact environnemental et social. Le département de l’irrigation sri lankais sera en charge de la mise en œuvre du projet. ”C’est un des projets les plus importants du département de l’irrigation », confie M. Sivapalasundaram, le directeur de projet. « Nous avons déjà, depuis plusieurs mois, une équipe de vingt personnes présentes sur place pour cette phase de préparation. Entretenir les relations avec les habitants de la zone du projet est particulièrement important, et nous avons choisi de baser notre équipe à deux endroits du projet”.

Alors que le projet devrait s’achever en 2025, les premiers résultats seront visibles en 2022, avec la rénovation de canaux d’irrigation existants, la reforestation et la mise en place de clôtures pour éléphants qui devront sécuriser leurs chemins de passage et protéger les plantations.

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Dernière modification : 16/04/2019

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